Personne dont on ne se souvient pas du nom ou qu'on préfère ne pas nommer ; l'équivalent québécois de « machin » ou « untel » pour une personne. « Chose-bine » s'emploie pour désigner quelqu'un dont on ne se rappelle pas le nom, ou que l'on préfère ne pas nommer.
- familier
- Tout le Québec
Origine
« Chose-bine » s'emploie pour désigner quelqu'un dont on ne se rappelle pas le nom, ou que l'on préfère ne pas nommer. C'est une combinaison du mot passe-partout « chose » - utilisé seul dans le même sens au Québec (« t'as vu chose, hier ?») - et du mot populaire « bine ». Ensemble, ils forment un sobriquet à la fois flou et légèrement dépréciatif pour la personne visée.
Utilisation
Le mot « bine » (ou « binne ») est un emprunt direct à l'anglais bean, confirmé par Usito et le Wiktionnaire. Il désigne d'abord la fève sèche - en particulier les haricots blancs des « bines au lard », plat emblématique de la cuisine québécoise traditionnelle. Il a ensuite développé plusieurs sens familiers : le visage (« une belle bine »), un coup affectueux sur l'épaule (« donner une bine »), et dans « chose-bine », une coloration moqueuse ou dépréciative indiquant que la personne n'est pas très mémorable.
Nuances
L'expression n'est pas toujours insultante : entre amis, on peut l'employer affectueusement (« c'est avec chose-bine que tu travailles, là ?»). Mais elle sous-entend toujours une certaine distance ou un léger mépris, et peut devenir franchement dépréciative pour quelqu'un qu'on n'estime guère. Le contexte et le ton décident du degré d'irrespect.
Le saviez-vous ?
Cette expression est purement québécoise : elle ne se transporte pas en France ni en francophonie internationale. En France, on dirait « machin », « trucmuche » ou « un-tel ».
Exemple
- J'ai croisé chose-bine à l'épicerie tantôt, tu sais, la fille qui travaillait avec Marco ? - Ah oui, chose-bine ! Je me souviens même plus comment elle s'appelle.