Aller au contenu principal

Cette section présente des expressions de registres variés, certaines familières ou vulgaires, à des fins d'apprentissage du français québécois.

Les expressions québécoises sont des tournures idiomatiques propres au Québec, Canada. Ce dictionnaire réunit 220 expressions avec signification, exemple et image pour faciliter l'intégration des nouveaux arrivants. « Être tanné », « c'est le fun », « donner un lift » : découvrez le parler québécois !

Tester mes connaissances

A

À matin / à soir
À matin / à soir Ces expressions signifient respectivement 'ce matin' et 'ce soir'. Très fréquentes à l'oral québécois et dans les textes oralisés, elles remplacent presque systématiquement 'ce matin' et 'ce soir' dans le langage courant. Évitez dans un courriel formel ou un écrit officiel, où l'on préférera les formes standards.
Accouche qu’on baptise
Accouche qu’on baptise Dépêche-toi de parler, dis-le donc, viens-en au fait.
accrocher ses patins
accrocher ses patins Prendre sa retraite ou, par extension, cesser définitivement une activité, un emploi ou un engagement. Métaphore tirée du hockey : le joueur qui termine sa carrière retire ses patins et les raccroche pour toujours. Expression familière très courante au Québec.
Achaler
Achaler Achaler veut dire déranger, agacer ou importuner quelqu'un. On l'emploie souvent dans des phrases comme 'achale-moi pas' (ne me dérange pas) ou 'arrête de m'achaler' (cesse de m'embêter). La forme pronominale 's'achaler' signifie se tracasser ou se faire du souci. C'est un verbe très fréquent à l'oral.
Allô
Allô Allô sert à saluer quelqu'un de manière familière, équivalent de 'bonjour' ou 'salut', ou à répondre au téléphone. C'est une salutation chaleureuse, souvent perçue comme plus affectueuse que 'salut'. On l'utilise avec des amis, la famille ou des collègues proches. À éviter dans un contexte très formel.
Allons-y allonzo
Allons-y allonzo Allons-y ! Partons sans tarder, mettons-nous en route.
appliquer sur une job
appliquer sur une job Postuler à un emploi. Calque de l'anglais « to apply for a job », très répandu dans le parler familier québécois, surtout à l'oral et en milieu de travail. L'OQLF recommande « postuler à un emploi » ou « faire une demande d'emploi » dans un registre soigné.
As-tu changé tes “tires”
As-tu changé tes “tires” As-tu changé tes pneus ? - Question québécoise typique utilisant l'anglicisme « tire » pour désigner un pneu.
Asteur
Asteur Maintenant ; à présent ; de nos jours.
Attache ta tuque
Attache ta tuque Prépare-toi, accroche-toi : quelque chose d'intense s'en vient.
Attache ta tuque avec de la broche
Attache ta tuque avec de la broche Prépare-toi : ça va être vraiment intense.
Avoir de la broue dans le toupet
Avoir de la broue dans le toupet Être débordé, manquer de temps, courir dans tous les sens.
Avoir de la job
Avoir de la job Avoir du travail.
Avoir de la misère
Avoir de la misère Avoir de la difficulté à faire quelque chose.
Avoir des pattes d’ours
Avoir des pattes d’ours Avoir de très grosses mains, épaisses et massives, comme les pattes d'un ours.
Avoir des raquettes
Avoir des raquettes Avoir de très grands pieds.
Avoir du coeur au ventre
Avoir du coeur au ventre Être courageux, avoir de la détermination.
Avoir du front tout le tour de la tête
Avoir du front tout le tour de la tête Être effonté, sans gêne.
Avoir du fun
Avoir du fun S'amuser.
Avoir du monde à la messe
Avoir du monde à la messe Il y a beaucoup de monde, une grande foule dans un endroit.
Avoir l'air bête
Avoir l'air bête Au Québec, cette expression signifie avoir l'air désagréable, froid ou pas aimable - et non pas idiot comme en France. On l'utilise pour décrire une personne qui semble de mauvaise humeur ou distante. Sens secondaire : rester bouche bée, décontenancé (rester l'air bête). Registre familier standard.
Avoir la chienne
Avoir la chienne Avoir très peur, être pris d'une grande frayeur.
Avoir la guédille au nez
Avoir la guédille au nez Avoir le nez qui coule, avoir une goutte de morve au bout du nez.
Avoir la langue à terre
Avoir la langue à terre Être très fatigué, complètement à bout d'énergie.
Avoir la mèche courte
Avoir la mèche courte S'emporter facilement, perdre patience pour des broutilles, avoir un tempérament prompt à la colère. Comme une mèche de dynamite très courte, la personne explose vite et sans grand préambule.
Avoir la tête enflée
Avoir la tête enflée Être vaniteux ou prétentieux ; se croire supérieur aux autres.
Avoir le feu au cul
Avoir le feu au cul Être furieux, très pressé ou, en contexte grivois, animé d'un désir intense.
avoir le motton
avoir le motton Ressentir une forte émotion qui provoque une boule dans la gorge, souvent à la limite des larmes. S'emploie lors d'une cérémonie touchante, d'une chanson ou d'un moment nostalgique. Sens secondaire argotique : avoir beaucoup d'argent. Le sens émotionnel est de loin le plus courant.
Avoir les baguettes en l'air
Avoir les baguettes en l'air S'énerver, s'emporter et gesticuler beaucoup.
Avoir les yeux dans la graisse de bines
Avoir les yeux dans la graisse de bines Avoir le regard flou et vitreux, généralement de fatigue intense, parfois d'émerveillement.
Avoir les yeux plus grands que la panse
Avoir les yeux plus grands que la panse Se servir plus de nourriture qu'on est capable d'en manger, prendre une trop grande portion. L'appétit visuel dépasse la capacité réelle de l'estomac. S'emploie à table devant un buffet ou un menu alléchant.
Avoir mal au coeur
Avoir mal au coeur Au Québec, « avoir mal au coeur » signifie avoir la nausée, se sentir nauséeux. Ce n'est pas une douleur affective ou un chagrin d'amour. En France, cette expression évoque plutôt une peine profonde. Le sens physique québécois surprend souvent les nouveaux arrivants.
Avoir son voyage
Avoir son voyage En avoir assez, être à bout, ne plus supporter une situation.
Avoir un 2 minutes
Avoir un 2 minutes Vivre un bref épisode de colère, de panique ou de débordement émotionnel intense, qui surgit soudainement et retombe vite.
Avoir un char
Avoir un char Avoir une voiture.
Avoir un crush
Avoir un crush Éprouver de l'attirance pour une personne, avoir un béguin. Souvent utilisé pour des sentiments encore non avoués, naissants ou discrets. Le « crush » peut être quelqu'un qu'on connaît à peine ou depuis longtemps.
Avoir une montée de lait
Avoir une montée de lait S'emporter brusquement et avec vivacité, souvent pour un motif mineur.

B

Badlucké
Badlucké Ce mot signifie 'malchanceux', quelqu'un qui subit des revers ou des événements négatifs. On l'utilise souvent avec humour ou auto-dérision. Le registre est très familier, franglais assumé. À réserver aux conversations décontractées entre amis. En France, on dirait plutôt 'poissard' ou 'avoir la poisse'.
Balayeuse
Balayeuse Au Québec, « une balayeuse » désigne un aspirateur ménager. En France, une balayeuse est une machine de voirie qui nettoie les chaussées. On « passe la balayeuse » comme on « passe l'aspirateur » en France. L'OQLF recommande « aspirateur », mais « balayeuse » reste très courant.
Baptême
Baptême Sacre modéré dérivé du sacrement catholique du baptême. Exprime une surprise ou une frustration légère à modérée. Moins fort que câlice ou crisse, il est souvent associé aux locuteurs plus âgés. « Bateau » en est une variante rare et très atténuée.
Barrer la porte
Barrer la porte Au Québec, « barrer la porte » signifie verrouiller la porte, fermer à clé. Le contraire est « débarrer ». En France, « barrer » évoque plutôt bloquer un passage ou rayer un mot, pas verrouiller une serrure. Cette différence peut prêter à confusion.
Ben j'ai mon voyage
Ben j'ai mon voyage En avoir assez, être complètement à bout ; s'emploie aussi pour exprimer une vive surprise ou incrédulité selon le ton.
Bienvenue
Bienvenue Au Québec, « bienvenue » s'utilise souvent comme réponse à un remerciement, au sens de « de rien ». En France, ce mot sert uniquement à accueillir quelqu'un. Cet usage québécois vient d'un calque de l'anglais « you're welcome » et est très répandu dans la vie quotidienne.
blé d'Inde
blé d'Inde Le blé d'Inde est le mot québécois courant pour désigner le maïs, qu'il s'agisse de la plante, de l'épi ou des grains. Très répandu à l'oral dans la vie quotidienne ; le terme 'maïs' est plutôt réservé aux étiquettes et aux écrits techniques.
Bonjour
Bonjour Au Québec, « bonjour » sert à la fois à saluer quelqu'un qu'on rencontre ET à lui dire au revoir quand on se quitte. En France, « bonjour » est uniquement une salutation d'arrivée. Cet usage à double sens peut surprendre les nouveaux arrivants.
Branler dans le manche
Branler dans le manche Hésiter, tergiverser, avoir du mal à prendre une décision ou à agir. Se dit aussi d'une situation précaire, d'un projet ou d'un poste qui semble fragilisé et sur le point de basculer.
breuvage
breuvage Au Québec, 'breuvage' désigne tout liquide que l'on boit : eau, jus, café, alcool, etc. Très courant à l'oral, mais l'OQLF recommande 'boisson' dans les contextes soignés. C'est un calque de l'anglais 'beverage'. En France, 'boisson' est le terme standard.

C

C'est beau
C'est beau Au Québec, 'c'est beau' signifie surtout que quelque chose est réglé, suffisant ou validé, et non pas que c'est esthétique. On l'utilise pour terminer une interaction ('c'est beau, merci'), valider une action ('c'est beau, tu peux envoyer') ou signifier qu'on a bien compris. Utilisé sèchement, ça peut paraître brusque.
C'est chaud!
C'est chaud! C'est difficile, tendu ou intense.
C'est correct
C'est correct Cette expression signifie que tout est en ordre, que ça va, ou qu'on est d'accord. On l'utilise pour dire 'c'est bon', 'pas de problème', ou pour vérifier si quelqu'un va bien ('es-tu correct ?'). L'intonation change le sens : enjouée, c'est un accord sincère ; traînante, c'est un acquiescement contraint.
C'est de la marde!
C'est de la marde! C'est nul, de mauvaise qualité.
C'est de valeur
C'est de valeur C'est dommage ; c'est regrettable.
C'est écoeurant!
C'est écoeurant! C'est dégoûtant OU incroyablement bon (selon le ton).
c'est le boutte
c'est le boutte C'est l'extrême, le maximum absolu. Selon le contexte et le ton : quelque chose d'extraordinaire et de génial (sens positif et admiratif), ou une situation poussée trop loin qui indigne ou stupéfait (sens négatif ou ironique). Très courant dans le parler populaire québécois.
C'est le fun!
C'est le fun! C'est amusant ou agréable.
C'est pas pire!
C'est pas pire! Pas mal, plutôt bien, parfois même très bon.
C'est plate
C'est plate C'est ennuyeux, triste ou décevant.
C’est pas chaud pour la pompe à l’eau
C’est pas chaud pour la pompe à l’eau Il fait extrêmement froid, un froid mordant ressenti jusqu'aux extrémités - avec une allusion grivoise bien connue au Québec.
cabane à sucre
cabane à sucre Une cabane à sucre est le bâtiment dans une érablière où l'on transforme la sève d'érable en sirop, tire, sucre et autres produits. Par extension, le terme désigne aussi la tradition printanière québécoise du 'temps des sucres' : repas copieux et activités en famille dans l'érablière.
Caler
Caler Au Québec, « caler » a plusieurs sens familiers : s'enfoncer dans la neige ou la boue, vider un verre d'un seul trait, ou encore perdre ses cheveux. En France, « caler » signifie surtout faire caler un moteur ou mettre des cales. Ces sens québécois sont très différents et peuvent créer de la confusion.
Câlice
Câlice Sacre fort dérivé du « calice » (coupe sacrée de la messe catholique). Exprime une colère ou une frustration intense. Le verbe « câlisser » signifie lancer violemment, mettre dehors ou partir brusquement. « S'en câlisser » équivaut à s'en ficher complètement.
Câline de bine
Câline de bine Expression figée, atténuation très douce de « câlice ». Elle exprime l'étonnement, la surprise ou une légère frustration. Le « bine » vient de l'anglais bean (la fève au lard), ajouté pour la rime. Perçue comme bon enfant.
Câlisser
Câlisser Verbe vulgaire très courant qui veut dire jeter ou envoyer quelque chose ou quelqu'un sans ménagement. « Câlisser ça à la poubelle » veut dire le jeter ; « câlisser quelqu'un dehors » veut dire le mettre à la porte.
Calme-toi le pompon
Calme-toi le pompon Calme-toi : cesse de t'énerver ou de t'emballer.
Capoter
Capoter Selon le contexte : être très enthousiaste et emballé, ou au contraire paniquer et perdre ses moyens.
casseau
casseau Un casseau est un petit récipient léger (plastique, écorce ou carton) servant à contenir des petits fruits comme les fraises, les bleuets ou les framboises, parfois aussi des frites. Québécisme courant dans les marchés et les épiceries. L'équivalent en France est 'barquette'.
casser
casser Mettre fin à une relation amoureuse, rompre. Verbe très courant dans le registre familier québécois pour désigner une séparation de couple. Équivalent de « rompre » ou « se séparer » dans un registre plus soutenu. Neutre du point de vue affectif.
céduler
céduler Planifier ou inscrire quelque chose à l'horaire ou au calendrier. Verbe issu de l'anglais « to schedule », très répandu en milieu de travail québécois. L'OQLF recommande « planifier », « programmer » ou « prévoir à l'horaire ».
Chanter la pomme
Chanter la pomme Faire la cour à quelqu'un, le séduire par de belles paroles et des attentions flatteuses.
Chaudière
Chaudière Au Québec, « une chaudière » désigne un seau, notamment en plastique, qu'on utilise pour laver le plancher ou transporter de l'eau. En France, une chaudière est un appareil de chauffage central. Cette différence de sens peut créer des malentendus amusants.
Checker
Checker Checker signifie vérifier, regarder ou surveiller quelque chose ou quelqu'un. Par exemple, 'checke ça !' veut dire 'regarde ça !' et 'peux-tu checker si la porte est barrée ?' signifie 'peux-tu vérifier si la porte est fermée à clé ?'. Anglicisme familier très courant, à éviter dans un contexte formel.
Chill
Chill Adjectif signifiant calme, détendu, sans stress, facile à vivre. « C'est chill » équivaut à « c'est correct, pas de problème ». S'emploie aussi comme verbe : « chiller » signifie relaxer, traîner tranquillement sans but précis.
Chose-bine
Chose-bine Personne dont on ne se souvient pas du nom ou qu'on préfère ne pas nommer ; l'équivalent québécois de « machin » ou « untel » pour une personne.
Chu brûlée
Chu brûlée Être épuisé(e) : exprimer un état de fatigue intense, physique ou mentale, bien au-delà de la simple lassitude.
Chu écoeuré
Chu écoeuré Je suis à bout, las ou profondément exaspéré par une situation.
chum de gars / chum de fille
chum de gars / chum de fille Ami platonique masculin ou amie platonique féminine. À ne pas confondre avec « mon chum » (amoureux) ou « ma blonde » (petite amie). La précision « de gars » ou « de fille » lève l'ambiguïté sur la nature de la relation.
Chum et blonde
Chum et blonde Au Québec, « mon chum » désigne un ami proche ou un copain amoureux, et « ma blonde » est la copine ou conjointe, peu importe la couleur de ses cheveux. Pour un Français, « blonde » évoque avant tout la couleur des cheveux. Ces deux mots sont incontournables dans la langue québécoise.
Cibole
Cibole Atténuation douce du sacre « ciboire ». C'est une interjection familière, beaucoup moins vulgaire que l'original, qui exprime la surprise ou l'admiration légère. On l'emploie aussi comme intensifieur : « une cibole de belle job ! ».
Cogner des clous
Cogner des clous Somnoler assis, tête qui dodeline.
Cringeant
Cringeant Qui cause de la gêne, de l'embarras ou de la honte par procuration. Se dit d'une situation, d'un comportement ou d'une personne qui met mal à l'aise ou qui provoque une grimace intérieure. L'adjectif anglais « cringe » est aussi très utilisé tel quel.
Crisse
Crisse Sacre fort dérivé du nom « Christ ». Sert d'interjection de colère ou de surprise, d'adjectif intensif, ou d'insulte. Le verbe dérivé « crisser » donne « crisser son camp » (partir brusquement) et « crissement » (intensif signifiant vraiment beaucoup).
Crissement
Crissement Adverbe intensif vulgaire qui équivaut à « très », « vraiment » ou « énormément ». On le place devant un adjectif ou un verbe pour en renforcer le sens : « c'est crissement bon ! », « y fait crissement frette ».
Crisser
Crisser Verbe vulgaire à plusieurs sens : jeter ou mettre quelque chose quelque part (« crisser ça à la poubelle »), ou larguer quelqu'un. C'est un synonyme de câlisser dans bien des contextes.
Cruiser
Cruiser Cruiser signifie draguer, flirter ou courtiser quelqu'un. On peut l'employer de façon transitive ('cruiser quelqu'un') ou intransitive ('être en mode cruise'). C'est un anglicisme familier, très courant surtout chez les jeunes adultes. La graphie alternative 'crouser' existe aussi.

D

De même
De même Au Québec, 'de même' signifie 'comme ça', 'ainsi' ou 'de cette façon', au-delà du seul sens standard 'de la même manière'. On l'utilise pour décrire une action ou un état : 'je suis sorti de même, sans manteau'. Le registre est familier courant, très fréquent à l'oral.
débarbouillette
débarbouillette Une débarbouillette est un petit carré de tissu-éponge (environ 20-30 cm) pour se laver le visage, les mains ou le corps. Elle diffère du 'gant de toilette' français, qui est une poche où l'on enfile la main. Terme québécois neutre et très courant.
Débarque de mes bobettes
Débarque de mes bobettes Laisse-moi tranquille ; arrête de m'importuner ou d'envahir mon espace personnel.
Décâlisser
Décâlisser Verbe vulgaire à deux sens. Le premier : partir brusquement, déguerpir (« Décâlisse d'ici ! »). Le second : briser ou endommager fortement quelque chose. Le sens dépend du contexte, un vrai piège pour qui apprend la langue d'ici.
Décrisser
Décrisser Verbe vulgaire. Premier sens : partir précipitamment (« Décrisse d'ici ! »). Second sens : briser, démolir. C'est le parallèle direct de décâlisser : les deux formes coexistent et sont interchangeables.
Déjeuner, dîner et souper
Déjeuner, dîner et souper Au Québec, déjeuner est le repas du matin, dîner est celui du midi et souper est le repas du soir. C'est l'inverse du français de France, où dîner désigne le soir et déjeuner, le midi. Cette différence crée souvent de la confusion entre Québécois et Français.
dépanneur
dépanneur Un dépanneur est une petite épicerie de quartier dont les heures d'ouverture s'étendent bien au-delà des autres commerces. On y vend aliments, boissons, collations et produits de première nécessité. Ce québécisme n'a rien à voir avec la personne qui répare les pannes (sens français).
Donner un lift
Donner un lift Offrir un transport en voiture.

E

Écœurant
Écœurant Au Québec, « écœurant » peut être un compliment! Dans l'usage familier, il signifie souvent « excellent, génial, délicieux ». En France, le mot a uniquement un sens négatif : dégoûtant, répugnant, révoltant. Le contexte est indispensable pour comprendre si le sens est positif ou négatif.
Embarquer et débarquer
Embarquer et débarquer Au Québec, on dit « embarquer » pour monter dans un véhicule et « débarquer » pour en descendre, peu importe le type de transport. En français standard, ces verbes s'appliquent surtout aux bateaux et aux avions. Ce glissement de sens est très répandu dans la conversation québécoise.
en arracher
en arracher Avoir beaucoup de difficulté, peiner, traverser une période particulièrement difficile. Idiotisme canadien-québécois répertorié dans le Wiktionnaire. Équivalent de « avoir de la misère » ou « en baver ». Registre familier, mais pas vulgaire. Utilisable dans des contextes variés.
Enweille par là
Enweille par là Dépêche-toi, avance, va par là !
être à boutte
être à boutte Être au bout du rouleau, complètement épuisé ou à bout de ressources physiques, morales ou financières. Tonalité de lassitude et de limite atteinte. À distinguer de « c'est le boutte » (l'extrême positif ou négatif), qui est une expression entièrement différente.
Être à l'aise
Être à l'aise Être détendu ou avoir assez d'argent.
Être attendu avec une brique et un fanal
Être attendu avec une brique et un fanal Être attendu de pied ferme par quelqu'un en colère, prêt à faire un mauvais accueil ou à régler ses comptes.
Être aux oiseaux
Être aux oiseaux Être au comble du bonheur, extrêmement heureux et ravi.
Être ben fine
Être ben fine Être très gentil(le) ou sympa.
Être chic and swell
Être chic and swell Être très bien habillé, élégant, soigné dans sa tenue ; par extension : dire que tout est parfait ou que la situation est agréable.
Être dans le jus
Être dans le jus Être submergé de travail ou d'obligations, n'avoir plus le temps de souffler. Exprime un débordement réel, pas seulement le fait d'être occupé : les tâches s'accumulent plus vite qu'on peut les traiter, souvent avec une pression temporelle forte.
Être dans le trouble
Être dans le trouble Être dans une situation problématique.
Être dans les patates
Être dans les patates Se tromper complètement, être dans l'erreur.
Être en amour
Être en amour Être amoureux.
Être en beau joualvert
Être en beau joualvert Être très en colère, furieux - version atténuée du sacre « calvaire ».
Être en beau tabarnak
Être en beau tabarnak Être extrêmement en colère, hors de soi.
Être en crisse
Être en crisse Être en colère (sacre atténué).
Être en sacre
Être en sacre Construction « être en [sacre] » signifiant être en colère, furieux. La gradation varie selon le sacre choisi : « être en maudit » exprime une irritation légère, tandis qu« être en tabarnak » ou « être en câlice » indique une fureur presque extrême.
Être gelé
Être gelé Avoir très froid ou être ivre (selon le contexte).
Être habillé comme la chienne à Jacques
Être habillé comme la chienne à Jacques Être très mal habillé : vêtements négligés, mal assortis ou franchement ridicules.
Être mal pris
Être mal pris Cette expression signifie se trouver dans une situation difficile, embarrassante ou sans bonne solution : financière, logistique ou personnelle. Par exemple, 'sans voiture, tu es mal pris en région'. Le registre est familier. Évitez dans un contexte très formel ; dites plutôt 'être dans une situation difficile'.
être sur le chômage
être sur le chômage Recevoir des prestations d'assurance-emploi parce qu'on a perdu son travail. Expression familière très courante au Québec, équivalente à « être au chômage » ou « toucher l'assurance-emploi ». En langage officiel et juridique, on parle d'« assurance-emploi ».
Être sur son trente-six
Être sur son trente-six Être très élégamment habillé, porter ses plus beaux vêtements pour une occasion spéciale.
Être tanné
Être tanné Être fatigué, exaspéré, en avoir assez.
Être tiguidou
Être tiguidou Être en ordre, correct, tout va bien.
Être un pissou
Être un pissou Être peureux, lâche, manquer de courage.
être vidé
être vidé Être épuisé, ne plus avoir d'énergie du tout. S'emploie pour une fatigue physique intense ou un épuisement émotionnel et mental. Équivalent familier de « être à bout de forces » ou « être à plat ». Expression comprise aussi bien au Québec qu'en France.
Être vite sur ses patins
Être vite sur ses patins Réagir rapidement, comprendre vite et s'adapter avec agilité.

P

Pantoute
Pantoute Pas du tout, absolument pas.
Pas de chicane dans ma cabane
Pas de chicane dans ma cabane Pas de dispute ici, on garde la paix dans la maison.
Pas de trouble
Pas de trouble Cette expression signifie 'pas de problème' ou 'pas de souci'. Elle sert à répondre à un remerciement (équivalent de 'de rien') ou à rassurer quelqu'un après une demande. C'est une façon décontractée mais polie de montrer que tout va bien. On l'emploie dans des échanges quotidiens.
Passer la nuit sur la corde à linge
Passer la nuit sur la corde à linge Avoir passé une très mauvaise nuit, dormir très peu ou très mal, se lever épuisé et avec l'air défraîchi. Comme des vêtements oubliés toute la nuit à l'extérieur, on ressort froissé et las au matin.
passer une entrevue
passer une entrevue Se présenter à un entretien d'embauche. Au Québec, « entrevue » est le terme courant et officiellement reconnu pour désigner ce qu'on appelle « entretien d'embauche » en France. Il est utilisé autant dans la communication officielle qu'à l'oral.
patate
patate Au Québec, 'patate' désigne la pomme de terre ou une portion de frites ('patate frite'). Mot familier très courant à l'oral. À ne pas confondre avec les locutions comme 'être dans les patates' (se tromper). En France, 'pomme de terre' est le terme standard à l'écrit.
Patenter
Patenter Patenter signifie bricoler, improviser ou arranger quelque chose avec les moyens du bord, souvent de façon temporaire ou sommaire. Le mot a une connotation positive de débrouillardise, mais légèrement péjorative si le résultat est mal fichu. Par exemple, 'j'ai patenté un support pour mon téléphone'.
Péter de la broue
Péter de la broue Se vanter, faire de l'esbroufe, exagérer ses mérites.
Péter le feu
Péter le feu Être en très grande forme, déborder d'énergie et d'enthousiasme.
Piquer une jasette
Piquer une jasette Engager une courte conversation amicale.
Pitcher
Pitcher Pitcher signifie lancer ou jeter quelque chose, souvent avec un geste brusque ou rapide. Par exemple, 'pitcher une balle' ou 'pitcher ses clés sur la table'. C'est un anglicisme très courant au Québec, à registre familier. La forme 'se pitcher' signifie se jeter ou se lancer vers quelque chose.
Plate
Plate Au Québec, « plate » est un adjectif familier qui signifie ennuyant ou décevant. « C'est plate » veut dire que c'est ennuyeux, ou que c'est dommage. En France, « plat » ou « plate » décrit surtout une surface sans relief. Ce décalage de sens est un faux-ami courant.
Pogner
Pogner Pogner signifie prendre, attraper ou saisir quelque chose ou quelqu'un, parfois brusquement. Il sert aussi à dire qu'on a compris ('j'ai pas pogné ta joke'), qu'on a surpris quelqu'un en flagrant délit ('je l'ai pogné à tricher'), ou qu'une chose a du succès ('ça pogne'). C'est un verbe très polyvalent.
pogner les nerfs
pogner les nerfs S'emporter, perdre patience, piquer une colère soudaine. Équivalent québécois familier de « péter les plombs » ou « piquer une colère ». Très courant à l'oral dans tout le Québec. L'intensité peut varier d'une légère irritation à une vraie explosion de colère.
Pousse mais pousse égal
Pousse mais pousse égal N'exagère pas ; tu peux insister, mais sans dépasser les bornes.
poutine
poutine La poutine est le plat emblématique du Québec : des frites recouvertes de fromage en grains (cheese curds) et nappées de sauce brune chaude. Ce mets réconfortant est servi dans les casse-croûte partout au Québec et est aujourd'hui connu dans le monde entier.
Prendre une bière
Prendre une bière Boire une bière entre amis.
Prendre une marche
Prendre une marche Aller se promener à pied.
Prends pas le mors aux dents
Prends pas le mors aux dents Ne t'emballe pas ; ne perds pas ton sang-froid et ne réagis pas de manière impulsive ou excessive.
Prends ton gaz égal
Prends ton gaz égal Calme-toi, garde ton sang-froid, ne t'emballe pas.

S

S'en câlisser
S'en câlisser Être complètement indifférent, s'en ficher totalement. « Je m'en câlisse » veut dire je m'en fous complètement. L'expression marque une indifférence forte, souvent sur un ton agressif.
S'en crisser
S'en crisser S'en ficher complètement, ne pas accorder d'importance. C'est le synonyme vulgaire de s'en câlisser. « Je m'en crisse » veut dire je m'en fous.
S'ostiner
S'ostiner Contredire avec entêtement, débattre sans lâcher prise. « Tu m'ostines tout le temps » veut dire tu me contredis sans arrêt. Le mot vient de « obstiner ». Très courant dans les familles d'ici.
Sacré toton!
Sacré toton! Exclamation de surprise ou d'agacement (sacre doux).
Sacrer son camp
Sacrer son camp Partir brusquement, quitter un endroit parce qu'on en a assez ou qu'on veut mettre de la distance avec une situation désagréable. Le départ est souvent marqué par la lassitude ou l'irritation, pas nécessairement par la rage.
Scuse / scusez
Scuse / scusez Ce sont des formes abrégées de 'excuse-moi' et 'excusez-moi', utilisées pour présenter des excuses légères ou attirer l'attention de quelqu'un. 'Scuse' s'emploie au tutoiement, 'scusez' au vouvoiement ou au pluriel. Le registre est familier à populaire, à réserver aux situations informelles.
Se calmer le pompon
Se calmer le pompon Se calmer, cesser de s'énerver, retrouver son calme.
Se faire avoir
Se faire avoir Être trompé, dupé ou arnaqué, souvent sans s'en rendre compte sur le coup. S'emploie autant pour une petite entourloupette que pour une vraie escroquerie, dans des contextes variés du quotidien.
se faire donner son 4 %
se faire donner son 4 % Se faire congédier, être mis à la porte. L'expression vient de l'indemnité de vacances (environ 4 % du salaire) que l'employeur doit verser à la fin d'un emploi en vertu de la Loi sur les normes du travail.
Se faire passer un sapin
Se faire passer un sapin Se faire tromper, duper ou arnaquer.
se parker
se parker Se parker signifie garer ou stationner son véhicule. Anglicisme familier très courant à l'oral au Québec, issu de l'anglais 'to park'. Déconseillé dans les textes officiels et administratifs. Le terme recommandé est 'se stationner'. L'équivalent en France est 'se garer'.
Se sucrer le bec
Se sucrer le bec Manger des sucreries, se régaler de douceurs sucrées.
Se tirer une bûche
Se tirer une bûche Prendre une chaise et s'asseoir pour jaser, se joindre à la conversation.
sécheuse
sécheuse Une sécheuse est l'appareil électroménager à tambour rotatif qui sèche le linge humide après lavage. Canadianisme courant au Québec, reconnu par l'OQLF et le Portail linguistique du Canada. L'équivalent en France est 'sèche-linge'. Toujours utilisée en tandem avec la laveuse.
Sentir le swing
Sentir le swing Dégager une forte odeur de transpiration ; sentir mauvais après un effort physique ou une chaleur intense.
Slack une maille
Slack une maille Relâche un peu la pression ; desserre d'un cran tes exigences ou ton rythme.
Smatte
Smatte Selon le contexte, 'smatte' peut signifier gentil et sympa (sens le plus courant), intelligent et futé, ou encore frimeur et prétentieux (souvent dans 'fais pas ton smatte'). Le registre est familier. L'intonation est essentielle pour distinguer le sens positif du sens ironique.

T

T'sais
T'sais C'est une contraction très courante de 'tu sais', utilisée comme tic de langage. Elle ponctuée le discours, cherche l'acquiescement de l'interlocuteur ou comble une pause. Elle n'ajoute pas de contenu sémantique fort, mais crée de la complicité. Le registre est très familier, à éviter à l'écrit formel.
T’abuse
T’abuse Tu exagères ; tu vas trop loin ou tu demandes plus que ce qui est raisonnable.
Tabarnak
Tabarnak Sacre québécois issu du mot « tabernacle » (meuble d'église). Il s'emploie comme interjection forte pour exprimer la colère, la surprise, l'exaspération, ou même l'admiration selon l'intonation. C'est l'un des mots les plus chargés du français d'ici : à comprendre, mais à manier avec une très grande prudence.
Tabarouette
Tabarouette Interjection populaire exprimant la surprise, la frustration ou l'admiration, à la place du sacre « tabarnak ».
Tammenute
Tammenute Attends une minute ; formule servant à demander un instant de patience, souvent teintée de surprise ou d'impatience.
tannant
tannant Agaçant, énervant, casse-pieds. Pour un enfant : turbulent, remuant, espiègle. Peut avoir une nuance affectueuse dans certains contextes, comme dans « mon petit tannant ». Dérivé du verbe québécois « tanner » (agacer, mettre à bout de patience).
Tantôt
Tantôt Au Québec, « tantôt » signifie « tout à l'heure », que ce soit pour un passé récent ou un futur proche dans la même journée. En français standard, ce mot exprime plutôt une alternance ou une succession. Le sens québécois peut surprendre les Français.
Tête de noeud
Tête de noeud Imbécile, idiot : insulte vulgaire qui désigne quelqu'un de stupide, borné ou particulièrement agaçant.
Ticket
Ticket Au Québec, « un ticket » désigne dans le langage courant une contravention ou un constat d'infraction, souvent routière. En France, « ticket » évoque un billet de transport ou de caisse. Le terme officiel québécois est « infraction » ou « amende », mais « ticket » est omniprésent à l'oral.
Toucher du bois
Toucher du bois Conjurer le mauvais sort ou s'épargner la malchance, en espérant qu'une situation favorable se maintienne.
Tougher
Tougher Tougher (prononcé 'toffer') signifie endurer, résister ou tenir le coup face à une situation difficile. Par exemple, 'tougher la brise' veut dire résister à une épreuve. L'expression 'il a toughé' signifie qu'il a tenu bon malgré la difficulté. C'est un anglicisme familier du français québécois.
Tu as de l'eau dans cave
Tu as de l'eau dans cave Tes pantalons sont trop courts : on voit tes chevilles.
Tu veux tu?
Tu veux tu? Est-ce que tu veux ? (tournure interrogative caractéristique du français québécois)
Aucune expression trouvée.

Vous connaissez une expression qui manque ?

+ Suggérer une expression

Questions fréquentes

Comment apprendre les expressions québécoises ?

L'immersion est la meilleure méthode. Écoutez des balados québécois, regardez des séries locales et utilisez un dictionnaire d'expressions comme celui-ci. Au quotidien, demandez la signification quand vous entendez une expression inconnue.

D'où viennent les expressions québécoises ?

Elles proviennent de plusieurs sources : archaïsmes du français ancien conservés au Québec, influences des langues autochtones, emprunts à l'anglais et créations originales issues de l'histoire et de la culture québécoises.

Les expressions québécoises sont-elles du joual ?

Pas nécessairement. Le joual est un registre familier du parler québécois, mais les expressions couvrent tous les registres. Beaucoup sont utilisées dans la vie courante par tous les Québécois.

Les immigrants doivent-ils apprendre les expressions québécoises ?

Ce n'est pas obligatoire, mais cela facilite grandement l'intégration. Comprendre les expressions permet de mieux saisir les conversations, de tisser des liens et de se sentir chez soi au Québec.

Quelle est la différence entre le français québécois et le français de France ?

Les différences touchent le vocabulaire, la prononciation et certaines tournures grammaticales. Le français québécois a conservé des traits du français ancien et s'est enrichi de mots locaux. Les deux variantes restent mutuellement compréhensibles.