Je suis à bout, las ou profondément exaspéré par une situation. « Chu écoeuré » (contraction orale de « je suis écoeuré ») est l'une des expressions de ras-le-bol les plus courantes du français québécois.
- familier
- Tout le Québec
Origine
« Chu écoeuré » (contraction orale de « je suis écoeuré ») est l'une des expressions de ras-le-bol les plus courantes du français québécois. Elle traduit une lassitude, une exaspération ou une fatigue profonde face à quelque chose qui dure trop longtemps ou qui dépasse les limites.
Utilisation
La grande particularité de cet emploi au Québec est qu'il ne renvoie pas à la nausée, contrairement au sens premier du verbe « écoeurer » en français standard (provoquer un haut-le-coeur ou du dégoût). En québécois familier, « écoeuré » fonctionne comme un équivalent de « tanné », « épuisé moralement » ou « à bout de nerfs ». Ce sens est cohérent avec une valeur moins courante du verbe en français général (« décourager, priver de courage »), mais au Québec, c'est lui qui domine dans l'usage familier quotidien.
Nuances
Attention à l'ambiguïté hors Québec : si vous dites « je suis écoeuré » à un interlocuteur de France, il risque fort de vous demander si vous avez la nausée. Pour être compris partout en francophonie sans risque de malentendu, on préfèrera « je suis épuisé », « j'en ai assez » ou « je n'en peux plus ».
Le saviez-vous ?
L'expression se décline selon la personne qui parle : « chu écoeuré » (masculin) et « chu écoeurée » (féminin). Elle peut viser le travail, le mauvais temps, une situation politique, une personne agaçante ou une tâche répétitive. Selon l'intonation, elle traduit un simple agacement ou une véritable limite atteinte.
Exemple
- Encore des travaux sur l'autoroute ? - Chu écoeuré ! Ça fait trois semaines que je prends 45 minutes de plus le matin.