Maintenant ; à présent ; de nos jours. « Asteur » est né de la réduction phonétique et de la soudure de la locution « à cette heure », qui signifiait « à présent » en français classique.
- familier
- Tout le Québec
Origine
« Asteur » est né de la réduction phonétique et de la soudure de la locution « à cette heure », qui signifiait « à présent » en français classique. La suite « à c't'heure » s'est progressivement contractée à l'oral pour donner « astheure », « asteure » et « asteur ». Ce processus, appelé univerbation (plusieurs mots distincts qui se soudent en un seul au fil des usages), est courant dans les langues. Usito, le dictionnaire de référence du français québécois, retient les graphies « astheure », « astheur » et « asteure » et les classe « Q/C fam.».
Utilisation
L'expression « à c't'heure » était bien vivante en France dès le XVIe siècle, mais elle y a ensuite disparu de l'usage courant. Transportée en Nouvelle-France par les colons, elle s'est maintenue dans le français oral du Québec, de l'Ontario francophone et de l'Acadie - ce que les linguistes appellent un conservatisme linguistique. Ce qui passe aujourd'hui pour un « archaïsme québécois » était autrefois du bon français de France.
Nuances
Selon la phrase, « asteur » peut marquer un moment précis (« là, tout de suite ») ou un présent plus large (« de nos jours », « aujourd'hui »). On l'entend souvent pour marquer une transition ou une conclusion : « asteur que les enfants sont partis, on peut souffler ». Registre familier : à l'écrit formel ou dans les communications professionnelles, on lui préférera « maintenant », « à présent » ou « désormais ».
Exemple
- Ça te tente-tu d'aller au cinéma ce soir ? - Asteur que t'en parles, oui ! Y a-tu un bon film en ce moment ?