Se faire tromper, duper ou arnaquer. Cette expression plonge ses racines dans le commerce du bois, longtemps pilier de l'économie québécoise.
- familier
- Tout le Québec
Origine
Cette expression plonge ses racines dans le commerce du bois, longtemps pilier de l'économie québécoise. Le sapin baumier (Abies balsamea), très présent au Québec, est une essence commune et moins prisée que le pin ou l'épinette. L'image serait celle d'un vendeur malhonnête qui faisait passer du sapin ordinaire pour une essence plus noble et plus chère - une véritable arnaque pour l'acheteur. La Vitrine linguistique de l'OQLF atteste d'ailleurs l'emploi du verbe « passer » dans le sens de faire accepter quelque chose sous de fausses apparences.
Utilisation
Aujourd'hui, on dit qu'on s'est « fait passer un sapin » quand on a été roulé lors d'un achat, trompé dans une entente, ou berné d'une façon ou d'une autre. Le ton est souvent mêlé d'agacement et d'autodérision - parfois d'humour, selon que la mésaventure est fraîche ou que le recul permet d'en rire.
Nuances
Le registre est familier, très naturel à l'oral au Québec. Hors du Québec, l'expression sera peu comprise ; les équivalents en français standard sont « se faire avoir », « se faire rouler » ou « se faire arnaquer ».
Le saviez-vous ?
L'expression garde en elle un écho de l'histoire du Québec : celle d'une économie forestière active où les échanges commerciaux sur le bois étaient nombreux et parfois inégaux. La métaphore du bois ordinaire fait passer pour du noble garde toute sa saveur dans le français québécois d'aujourd'hui.
Exemple
- Comment t'as trouvé ton char d'occasion ? - Je m'en suis aperçu trop tard : je m'étais fait passer un sapin, le moteur était à bout.